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Autour du jeu

Jeudi 27 novembre 2008

Au-delà de la presse numérique, il existe -encore et pour longtemps espérons-le- une presse papier, qui produit souvent des articles de bonne facture, richement documentée et au contenu dense et copieux.
Cette rubrique, nouvelle, vise à vous faire partager, en français dans le texte, certains des articles, à mes yeux les plus intéressants, des magazines de jeux de plateau.
L'idée est de mettre en ligne des articles au contenu intemporel et qui se liront avec autant de plaisir dans 10 ans.


Pour entamer cette rubrique, un article issu de Counter, en 2003, peu après le décès du regretté Sid Sackson, auteur de jeux très productif et souvent novateur...


Counter n°20 - Article original de Ian Livingstone - The Sid Sackson Auction


Toute personne qui se considère comme un joueur chevronné a forcément entendu parler de Sid Sackson. Créateur de plus de 50 jeux, dont les classiques Acquire, Can't Stop, Focus et Metropolis, il était également le propriétaire de la plus grande collection de jeux du monde. Il possédait 16 000 jeux, qui couvraient l'ensemble des murs de sa maison du Bronx, à New York. Il fut cambriolé plusieurs fois mais ne perdit jamais un seul jeu !
Je lui ai rendu visite une première fois en 1987, afin de rencontrer le personnage et discuter avec lui de sa vie et sa collection un peu singulière. J'y suis retourné à la fin des années 90, mais il souffrait alors beaucoup des effets de la maladie d'Alzeimer. Après une longue maladie, Sid s'en est allé le 6 novembre 2002 à l'âge de 82 ans. Sincèrement, j'étais soulagé que cela se passa ainsi, lui évitant au moins de jouer une comédie malsaine lors de la vente aux enchères de sa collection de jeux.


Pendant des années, sa famille a essayé de trouver un musée ou un particulier bienveillant susceptible de prendre la collection dans sa totalité. La perspective de voir cette incroyable collection, résultat de plus de 50 années de travail, éparpillée était impensable. Hélas, l'impensable s'est produit, bien que personne ne voulut en prendre la responsabilité. Pourtant, les 15 et 16 novembre 2002, la plus grande partie de la vie professionnelle de Sid fut mis aux enchères à North River Auction Hall, à Keyport dans le New Jersey. J'en avais entendu parler par hasard sur le web, ce qui décida Steve Jackson et moi-même à y aller. Nous sentions qu'un événement majeur de l'histoire des jeux se profilait et nous nous devions y être.

Keyport se présentait comme une petite ville côtière entourée de terrains vagues industrialisés. Cela nous paraissait franchement surprenant que le North River Auction Hall puisse se transformer en un centre de ventes aux enchères de collections spécialisées. Pourquoi la prochaine vente ne se déroulerait pas, par exemple, dans une boulangerie !
Cela n'a guère d'importance finalement et nous étions vraiment impatients avant cet événement historique. Un vol de 7 heures jusqu'à Newark, une voiture de location, et nous arrivâmes à destination une heure plus tard. Quelle impression étrange lorsque nous vîmes la salle des ventes. Elle avait l'apparence d'un vieux et grand magasin, partiellement démoli. En regardant à travers les vitres, nous vîmes des lignes de tables avec tréteaux recouvertes de très nombreuses boîtes de jeux colorées. Sous les tables, des centaines de vieux cartons étaient plein à craquer de boîtes de jeux qui dépassaient. Sur les murs se trouvaient des rayonnages où étaient regroupées des piles de jeux. Les chaises étaient rassemblées au fond de la pièce, face à une piètre tribune. Une femme était en train de vendre des gobelets de soupe chaude et de café. Une vingtaine de joueurs surexcités dévoraient les boîtes des yeux en prenant des notes. Nous n'en revenions pas...

Il n'y avait pas de catalogue, simplement quatre ou 5 feuilles dactylographiées listant quelques livres et jeux mis aux enchères. Quel ambiance tragique... Pourquoi fallait-il que la vente aux enchères aie lieu ici ? Apparemment, sa famille s'était montrée incapable de dénicher une salle des ventes spécialisée pour prendre en charge les opérations. North River Auction Hall avait simplement réalisé une petite vente aux enchères de jeux l'année précédente.
Rejetant toute idée de découragement, nous entrâmes dans la salle, avec l'esprit positif.
Les 500 livres sur les jeux de Sid allaient être vendus par lot à 6 heures du soir et les jeux allaient l'être le lendemain. Hélas, les commissaires priseurs n'avaient aucune idée des trésors qu'ils s'apprêtaient à vendre. La vente de livres se déroula comme une sorte d'échauffement en prévision de l'événement majeur et les lots furent dispersés en quelques 2 heures pour un total estimé de 4 000 $, c'est à dire une moyenne dérisoire de 8 $ le livre. La plus haute mise atteignit 300 $ pour une édition de 1739 du Compleat Gamester de Richard Seymour. Un ensemble de magazines Games & Puzzles se vendit 110 $. J'achetai une édition de 1857 de Hoyle's Games pour 15 $ et 50 cents, ainsi que des livres généraux sur les jeux des années 1960-1980 pour environ 1 $ chacun ! On ne peut pas dire que ce fut un grand succès.


La journée du samedi commença de manière nettement plus acceptable à nos yeux. Presque une centaine de personnes s'était inscrit pour participer aux enchères, la plupart étant de sérieux collectionneurs venus de tous les Etats-Unis. Cependant, nous ne rencontrâmes aucun acheteur du Royaume-Uni ou d'Europe, ce qui, je pense, allait rendre les enchères un peu particulières. Il est vrai que les messages d'information passés sur Internet ciblaient en priorité les collectionneurs américains.
Tout le monde disposa de 2 heures pour étudier les lots proposés avant la vente. Quelques cartons étaient susceptibles de renfermer des trésors cachés. Sans un catalogue pour nous aider, d'inévitables fouilles minutieuses allaient se produire. Il était amusant de voir les gens essayer de dissimuler leur excitation suite à la découverte, derrière un carton, de quelque chose qu'ils voulaient vraiment, et qu'ils tentaient de re-cacher aussi vite que possible avant que quelqu'un d'autre ne le mette à jour - ce que, bien entendu, il ne manquait pas de faire.
A 10 heures 50, le commissaire priseur expliqua comment allait se dérouler la vente aux enchères. Il annonça que les lots de cartons entassés sous les tables allaient être vendus par 3. Aussi, si vous souhaitiez un jeu précis dans un carton, vous alliez devoir acheter 10 ou 30 autres jeux en même temps ! Après les lots de cartons, les jeux aux boîtes colorées disposés sur les tables allaient être vendus individuellement. Bien évidemment, tous n'étaient pas particulièrement intéressants, ce qui allait certainement nécessiter du temps, sans avoir la certitude de provoquer de grosses enchères puisque les boîtes avaient été sélectionnées plus pour leurs qualités artistiques que pour leur rareté. Pour finir, les jeux disposés sur les rayonnages allaient être vendus en lots individuels. Ainsi, si vous vouliez acheter un exemplaire de Maloney's Inheritance (l'un des jeux de Sid publié chez Ravensburger), vous deviez en acheter 11 copies ! Une bousculade inévitable se profilait à l'horizon : les collectionneurs qui avaient perdu une enchère tenteraient de négocier avec le vainqueur pour en acquérir un exemplaire. Lors de la vente, le commissaire priseur modifia parfois sa façon de faire, en laissant le gagnant choisir le nombre d'exemplaires qu'il souhaitait acquérir, puis en autorisant le second à faire de même. D'autres fois, le résidu d'un lot était mis de côté pour une enchère ultérieure. Tout se déroulait selon son bon-vouloir.

Il y avait vraiment des erreurs sur la composition de certains lots. Pour moi, l'une des pires concernait les vieux jeux des années 40 et 50 dont les plateaux furent vendus séparément du matériel de jeu. Quand Sid commença sa collection, il n'avait pas assez de place dans son appartement, ce qui l'obligeait à jeter les boîtes. Il rangeait les pièces dans de petits récipients et conservait les plateaux à part. Et ce fut comme ceci que les composants furent vendus. Les gens étaient invités à enchérir sur autant de plateaux qu'ils le souhaitaient. Certains furent achetés pour être encadrés comme des œuvres d'art. Le matériel de jeu fut vendu par la suite, majoritairement à d'autres personnes. Pour être exact, les commissaires priseurs faisaient de leur mieux et se montraient plutôt sympathiques. Ils avaient simplement hérité d'une collection composée de milliers de jeux 5 jours avant la vente et avaient réussi à les trier selon un ordre quelconque, par titre ou par éditeur ! Malgré tout, ils auraient vraiment dû solliciter l'aide d'un expert pour identifier les jeux rares et/ou importants qui auraient mérité d'être vendus séparément.
La plus grande des erreurs restera certainement l'absence de catalogue de cette collection historique.

Quoi qu'il en soit, l'événement était très excitant et très plaisant. Peut-être que le plus amusant de la vente aux enchère, pour autant qu'il soit concerné, était le commissaire priseur lui-même. Habillé comme un cow boy sur le déclin, avec des bottes, un gilet et un lacet en guise de cravate, il menait les enchères de la même manière qu'une vente aux bestiaux pourrait être effectuée. Il parlait à 90 miles par heure. « J'ai 10 jeux SPI ici. Qui m'en donne 10 dollars, 10 dollars, 10 dollars ? J'ai 10, qui en donne 15, 15, 15 ? 15, j'ai 15, qui en donne 20 dollars, 20 dollars, 20 dollars, 20 dollars ? J'ai 20, qui m'en donne 30, 30, 30, 30, 30, 30, 30 ? Vendu pour 20 dollars ! ».

Cela se terminait comme ceci. Il n'y avait pas de « Une fois, deux fois, est-ce bien tout mesdames et messieurs ? » Incroyable !

Huit heures plus tard, tout était vendu. Il y avait beaucoup de négociations post vente entre des collectionneurs qui essayaient d'acheter ou d'échanger les doubles d'autres personnes. Les prix proposés sur les jeux semblaient varier en fonction de la provenance des jeux : les américains semblaient prêts à payer plus cher pour des jeux européens. Mais il y avait vraiment des affaires à faire. J'ai acheté deux exemplaires neufs de Confrontation (Ariel) pour 40 $. J'ai acheté une copie quasi-neuve de Square Mile pour 20 $. J'ai pris un risque sur 5 jeux italiens édités par Alma pour 80 $, puisqu'ils étaient les éditeurs du célèbre Al Parlamento. Maintenant, j'ai besoin d'une traduction...


L'enchère la plus élevée atteignit 1 000 $ pour 4 exemplaires jamais ouverts de Acquire avec les tuiles en bois. Steve et moi fûmes ravis de voir 8 vieux jeux de Games Workshop faire 375 $. Un lot de boîtes, avec Kingdoms (Hartland) à l'intérieur, fut vendu 350 $. Un autre lot atteignit 425 $ et je n'ai toujours pas compris quel jeu fit autant monter les prix ! Un carton contenant Crude fut vendu 200 $. En revanche, beaucoup d'autres lots partirent pour seulement 40 ou 50 $. Il était impossible de garder une trace de tout ce qui se vendait, en raison de l'alternance des ventes entre les jeux isolés et ceux des rayonnages. J'ai réussi à noter que les lots de boîtes atteignirent 19 805 $ et les jeux isolés 9 725 $. Les lots disposés sur les rayonnages étaient impossibles à comptabiliser, mais j'estime qu'ils ont du faire entre 20 et 30 000 $. Ainsi, en ajoutant le résultat des livres, la totalité de la vente a rassemblé environ 60 000 $. La femme de Sid, Bernice, n'était pas là (ce qui se comprend) mais son fils et sa fille s'y trouvaient et ils semblaient satisfaits.
Une rumeur ne tarda pas à se répandre, comme quoi les commissaires priseurs avaient encore 5 000 jeux de Sid à vendre, qu'ils n'avaient pas pu trier à temps, et qu'ils seraient mis aux enchères au printemps 2003.
Ceux qui voulaient conserver une trace de ce moment historique pouvaient bénéficier d'un timbre commémoratif sur leurs acquisitions : « provenant de la collection de Sid Sackson ». Il y avait quelques discussions autour de l'intérêt ou non (en terme de cote de collection) d'avoir ses jeux estampillés de la sorte.

J'ai certainement un peu tout mélangé au sujet de cette vente aux enchères. Il était tellement triste de voir l'œuvre de la vie de Sid dilapidée avec autant de désinvolture. Je n'ai vu aucun journaliste faire de reportage sur la vente. D'un autre côté, sa mémoire continuera de vivre, tout particulièrement dans l'esprit de la centaine de fans qui attendaient la vente aux enchères. Ils chériront certainement les jeux qu'ils ont acheté, qu'ils soient estampillés ou non !
Une chose est sure, nous avons tous une dette envers Sid Sackson, l'extraordinaire inventeur de jeux.


Traduction réalisée en février 2003 pour le n°15 de Jeux en Boîte
Certaines photos sont issues des sites suivants : http://upload.wikimedia.org et http://z.about.com


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Vendredi 2 mai 2008
Aujourd'hui, point de partie de jeu. Point de critique sur tel ou tel mécanisme ludique. Juste l'envie de vous faire partager un peu notre balade du 1er mai... En pleine nature, au milieu des arbres et de quelques bêtes.
Et dire que dans 3 semaines on habitera encore un peu plus à la campagne...

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Samedi 30 juin 2007

Le gars déplace ses jeux (et le reste de ses choses et de sa famille aussi).
Après notre déménagement de 2005, Ludo le gars remet le couvert en 2007, pour votre plus grande malchance puisque ce fait indique moins de mises à jour sur ce site ludique quasiment mis à jour 2 fois par semaine.
J'aurais aimé vous parler rapidement des autres jeux Jactalea reçus récemment en ma demeure.
J'aurais aimé tester rapidement Petits meurtres et faits divers.
J'aurais adoré vous exciter sur le dernier Wallace, promis pour Essen, intitulé Brass et pour lequel je m'attèle à la traduction française.
Sans parler des trop nombreux jeux auxquels j'ai une envie irrépressible de rejouer.
Bref, j'aurais vraiment souhaité vous proposer autant de mises à jour que d'habitude, mais la vie n'est pas que ludique...

Alors, oui, je déménage. Pour aller où ? Au Bois d'Oingt, une sympathique commune de quelques centaines (milliers ?) d'habitants, située à 3 km de ma future école (Oingt). Un cadre nouveau. Des habitudes nouvelles. Mais une assoc ludique toujours basée en Calade, à Villefranche, chez Philippe Pochon à Ludik, rue Victor Hugo à Villefranche. Et un site de jeu, le mien, qui va repartir de plus belle dès que les péripéties familiales se seront tassées.
Et puis, bon, franchement, tout va bien, la vie est belle, profitons...
"On n'est pas bien, là, à la fraîche, paisibles, décontracté du gland, et on bandera quand on aura envie de baaaaaaander........"

A très vite ! 


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Samedi 3 juin 2006

Les jeux traditionnels d'extérieur, bretons ou originaires d'autres régions de France, constituent pour moi une passion complémentaires des jeux de société que j'affectionne depuis belle lurette. Pour une fois, et afin de vous faire partager cette facette de mes hobbies, je vous présente un panorama des jeux bretons auxquels j'apprécie particulièrement de jouer, régulièrement.
Afin d'éviter tout malentendu, je propose ici les variantes de jeux que j'utilise (ces jeux s'y prêtent bien).
Comme cette chronique ne saurait être exhaustive, je reviendrai probablement sur ce sujet dans un  article ultérieur.

1, 2 , 3, HOP ! Lancez les palets ! Faîtes chuter les quilles !

GALOCHE SUR BILLOT :

 

La galoche sur billot est un jeu de lancer de palet. En effet, le joueur actif utilise des palets plats grand format afin de tenter de faire chuter, par choc direct, un petit morceau de bois, appelé galoche, placé sur un billot de bois. 3 essais consécutifs sont autorisés, avec une remise en place de la galoche entre chaque tentative fructueuse. Ensuite, c'est au tour du joueur suivant de disposer de 3 essais.

La distance de lancer varie en fonction  de l'âge du lanceur, mais disons que pour des adultes la distance que nous règlementaire affectionnons est de 8 mètres.
De même, le poids des palets peut varier.

A chaque galoche "dégommée", le joueur marque un point, mais s'il parvient, au cours de ses 3 essais, à la faire chuter 2 fois, il marque 2 points pour la seconde chute, et s'il réussit 3 lancers sur 3, alors la troisième chute lui rapporte 2 points de plus. Le premier joueur à 5 points remporte la partie.

Jeu de défi par excellence, ce jeu constitue pour moi le loisir le plus sympathique lors des réunions de familles de type mariage, car son matériel minimaliste s'emporte aisément partout.

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PALETS DE ROUTE :

 

Les palets de route, de petite taille mais d'épaisseur importante, permettent de se lancer dans des parties endiablées, dont le déroulement se rapproche de celui de la pétanque. A ceci près que la distance de lancer officielle est de... 18 mètres ! et que l'engin doit retomber à plat si l'on veut éviter de le voir caramboler dans les ornières.

Les joueurs peuvent organiser des parties par équipe ou en individuel, sachant que chacun lancera 2 palets afin de se rapprocher d'un "petit", sorte de cochonet placé au centre d'un disque de 50 cm de diamètre. L'idée est que lancera le palet suivant le joueur, ou l'équipe, qui se trouve le plus loin du petit (comme à la pétanque). Les parties peuvent se jouer en un nombre de points à définir au départ. La suface de jeu peut être totalement variable, mais j'affectionne particulièrement le gohrr ou le bon vieux béton de nos routes. Et je peux vous dire que lorsque les palets retombent, le claquement au sol est mémorable !

En règle générale, nous jouons à 12 mètres entre adultes, bon compromis entre l'effort lié à la distance et l'obligation de projeter son palet à plat si l'on veut gagner en précision.

Enfin, je ne résiste pas à l'idée de vous conter la manière bretonne d'y jouer : à 18 mètres, en plein centre-ville (à Lorient par exemple pendant le festival de musique celtique), avec des couloirs de lancer de 1 mètre 50 à 2 mètres, avec des barrières tout du long où sont accoudés, pépères, des amateurs de beau jeu ! Il y a intérêt à se montrer précis dans ces jets et à ne pas rater sa cible lorsque l'on tire. Ah oui, je ne vous l'avais pas dit : ces bretons-là, ils tirent les palets des autres à 18 mètres ! Vous imaginez....

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BIRINIG :

Pour jouer, il faut parvenir à faire chuter un maximum de quilles, à l'aide la boule de bois, en se plaçant à l'arrière du mât et en décrivant un cercle complet avec la ficelle. Au bout de 3 essais successifs, c'est au joueur suivant. On comptabilise le nombre de quilles ayant chû et le premier joueur à 101 ou 51 points l'emporte.

 

Originaire de la pointe de la Bretagne, ce jeu de quilles est l'un des rares qui puisse se pratiquer en intérieur, sur table, puisqu'il est constitué d'un matériel adapté à cet usage. Un support de 90X60 cm, sur lequel est planté un mât d'un petit mètre de haut avec une ficelle pendante et une boule de bois accrochée au bout, ainsi que 9 petites quilles de bois à disposer sur un petit plateau intérieur : voilà les éléments requis pour ce petit jeu de lancer de précision et d'analyse de trajectoires.

 

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QUILLES DE PLOGASTEL :

Le but du jeu est d'être lepremier à atteindre 36 points. Pour ce faire, on doit faire chuter les quilles, bien sûr, mais pas n'importe comment : une quille tombée seule lors du lancer d'une boule rapporte sa valeur (1 pour les enfants, 4 pour les parents, 9 pour la grand-mère), mais si plusieurs quilles tombent simultanément, seul 1 point sera marqué par quille tombée. Tout l'art est donc de bien viser et de ne pas jouer au bowling...
Deuxième point fort, et qui donne une dimensions stratégique à ce jeu d'adresse, l'obligation d'atteindre précisément les 36 points. Tout dépassement fait retomber le joueur à 18 points ! On se devra, donc, de faire attention lorsque les scores s'approchent de la trentaine, afin de faire des choix de cible.

Ce jeu est un vrai régal à chaque partie et je suis en train de me fabriquer un autre jeu du même type, peut-être encore plus jouissif : les quilles de Muel, lesquelles ne se jouent plus avec des boules mais avec des tonnelets. A suivre...

 

Les quilles de Plogastel constituent certainement l'un des meilleurs jeux de quilles existants. Non sans faire penser au Mölkky, fort à la mode dans les milieux ludiques de ce début de XXIème siècle, les quilles de Plogastel, ou encore baptisé le jeu de la grand-mère, trouve ses origines en France, pas très loin de la région de Quimper, et à ce titre, saluons l'intérêt majeur de ce jeu !

9 quilles sont positionnées sous forme d'un carré, avec 4 grandes dans les coins (les parents), 4 petites au milieu de chacun des côtés (les enfants) et une très grande au centre (la grand-mère). Le tireur, qui dispose de 3 boules, se place sur la diagonale du carré, afin d'avoir en enfilade dans son champ de vision 1 parent la grand-mère et 1 autre parent.

 

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KILHOU BRO LEON :

 

 

A partir d'un matériel très épuré, 9 quilles d'une vingtaine de centimètres de haut, ce jeu de quilles se place comme une variante surdimensionnée du Birinig présenté plus haut. En effet, les 9 quilles sont placées en carré mais au lieu d'être visée via une boule attachée à une ficelle, elles sont visées par une boule qui doit emprunter un talus pour les atteindre.

Le lanceur se place à 3 mètres des quilles mais ne doit pas tirer sa boule en ligne droite : il doit la faire monter sur le talus présent à sa gauche avant qu'elle ne redescende, de préférence en plein dans le mille. Après chaque essai, les quilles tombées sont remises en place et le joueur peut tenter à nouveau sa chance (3 lancers en tout). Le nombre de quilles ayant chû constitue le score du joueur. Une partie se joue en un certain nombre de séries, mais je préconise de pratiquer ce jeu en équipe, en ne conservant que le meilleur score de chaque joueur et en les additionnant. Par exemple, dans une configuration 2 contre 2, si le premier joueur de l'équipe 1 réalise un meilleur score de 13 (en 3 essais bien sûr) et le second joueur de la même équipe réalise un meilleur score de 6, le score cumulé sera de 19 points.

Pratiqué en environnement scolaire, ce jeu offre une belle analyse de la recherche de la trajectoire optimale de lancer.

 

Comme vous l'avez compris, j'aime les jeux traditionnels bretons et j'espère que ce petit panorama vous aura donné envie de vous y essayer. Alors, bien entendu, la question se pose : où et comment jouer à ces jeux ?

Plusieurs solutions s'offent à vous :
- Vous êtes breton : allez traîner vos guêtres dans les Pardons cet été et vous aurez toutes les chances de tomber sur des tournois d'un des jeux présentés ci-dessus, voire de découvrir de nouvelles variantes.
Pour vous renseigner sur les manifestations prévues : section calendrier de la Falsab
- Vous n'habitez pas en Bretagne : le mieux est certainement de vous fabriquer vous-même votre matériel de jeu. Comment ? En utilisant avec profit les fiches descriptives que la confédération Falsab propose sur sur son site : fiches descriptives
- Vous habitez près de Villefrance (nord de Lyon) : vous me passez un mail ou un coup de fil et on s'organise une petite séance de découverte, au coeur du pays beaujolais, entre une tournée des caves et une partie de Löwenherz...

Enfin, sachez que toute une littérature existe sur le sujet, avec de remarquables ouvrages, comme "Les jeux des bretons", édité par les éditions Ouest-France en 2002, ou, mais plus difficile à dénicher, "la Quille vivante", un livre superbe d'un collectionneur fou, Lin Kessler, édité par Joël Cuénot en 1983.

Les jeux traditionnels français existent bel et bien, qu'on se le dise, et il serait peut-être temps de les remettre au goût du jour, tant ils apportent de satisfaction et de plaisir simple à partager. D'ailleurs, si je vous disais que j'ai profité de mon second stage de 3 semaines, cette année, pour proposer un cycle "jeux traditionnels bretons" à une classe unique, dans le cadre de la compétence "Réaliser une performance que l'on peut mesurer" de l'éducation physique et sportive... Avec l'écoute de contes bretons en français et la fabrication de jeux de quilles en projet technologique, j'ai réussi à démontrer que ce type d'activités pouvait s'inscrire avec justesse dans le travail des compétences visées à l'école. Plus de détails ? Bientôt, bientôt... 


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Lundi 2 janvier 2006

Vous souhaitez venir en aide à Ludo le gars en lui faisant parvenir un jeu, une règle ou un ouvrage qu'il recherche activement ?
Pas de problème, cette page vous permettra de savoir ce qu'il tente de dénicher et il sera ravi que vous lui apportiez sur un plateau ;-)

Boîtes de jeux

De manière générale, tous les jeux que je n'ai pas :
- de Wolfgang Kramer
- ayant pour thème l'évolution
- de réseaux ferrés
- de gestion comportant un plateau individuel
- de stratégie conseillés pour 10-12 ans et plus

Boîtes de jeux éditées

Hamster Rolle
Alexander the great
Italia
Twilight Struggle
Keythedral - extension
Mémoire 44 - Pacific Theater

Boîtes de jeux épuisées

Downtown
Forum Romanum
Fugger Welser Medici
Série des jeux 3M
Jeux de trains de la série 18xx (en priorité 1826)
Keywood
Keydom
Keytown
Banana Republic

Revues et ouvrages divers

Go : Tactique (Flammarion)
Games, Games, Games tous n°
Boardgames Studies tous n°
Ouvrage sur les jeux américains par Sid Sackson

Règles en français

Architekturspiel
4000 AD (L'an 4000)
Candidate
Do it !
Monsters ravage America

Règles en anglais ou français

Topologik
Der Schatztaucher
Echos (voir la règle dans la langue d'origine)
Vorsicht Lehrer !

Matériel de jeu

Hexagones cartonnés
Boîtes en gros
Une carte éléphant pour "Le tour du monde en 80 jours"

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